
J'irai voir ce film dès que je le pourrai. En attendant, je suis allée sur le site http://www.ladominationmasculine.net/, ainsi que sur le blog de Patric Jean http://patricjean.blogspot.com/.
Je me souviens d'avoir pleuré de rage ado, en apprenant qu'en France, les femmes avaient du attendre 1965 pour ouvrir un compte bancaire et exercer une activité professionnelle sans le consentement de leur mari. J'ai frémi en voyant les images de Simone Veil défendant le droit à l'avortement à l'Assemblée Nationale (loi votée en 1975, à peine 3 ans avant ma naissance !). J'ai lu Beauvoir avec frénésie et délectation, je me suis passionnée pour les "gender studies". J'ai râlé en répondant à des enquêtes parce qu'on me demandait la profession du "chef de famille" alors que cette notion a été supprimée du Code Civil en 1970. Je me suis proclamée féministe dès l'adolescence, tout en évoluant globalement dans un milieu socio-culturel qui au mieux considérait le féminisme comme un combat d'arrière-garde, au pire comme une manifestation grossière d'hystérie.
Et pourtant...
10 ans de mariage, 10 ans de ma vie, de 20 à 30 ans, à tenter, plus ou moins consciemment, plus ou moins volontairement, de me conformer à "l'idéal de la femme blanche, séduisante mais pas pute, bien mariée mais pas effacée, travaillant mais sans trop réussir, pour ne pas écraser son homme, mince mais pas névrosée par la nourriture, restant indéfiniment jeune sans se faire défigurer par les chirurgiens de l'esthétique, maman épanouie mais pas accaparée par les couches et les devoirs d'école, bonne maîtresse de maison mais pas bonniche traditionnelle, cultivée mais moins qu'un homme" (Virginie Despentes, King Kong théorie).
J'ai échoué bien sûr. Le 14 juin dernier, exactement 2 semaines avant de rencontrer DramaKing pour la 1ère fois, j'écrivais : "Je veux être soumise et dominée autant que chérie, choyée et protégée. Je renonce au couple, à ce partenariat qui n'est qu'une illusion parce qu'il éteint le désir. Je ne veux que du désir. Je conserve, renforce, mais restreins à la sphère publique mon ambition, ma volonté d'être au moins l'égale des hommes. En privé, je serai femme dans l'acceptation la plus femelle du terme. C'est pour ça que je ne crois plus et ne veux plus de la vie de couple. Parce que la façon dont je veux être implique une névrose évidente qui n'est viable que si je peux me ressourcer et me réconcilier dans ma solitude."
Dans ce couple que nous avons formé si peu de temps avec DramaKing, j'ai pu être pleinement moi-même. Parce qu'il aimait tout : ma soumission hardcore dans nos jeux, mon côté "killeuse" sur le plan professionnel, ma tendresse, mon humour, mon goût du débat, celui du silence, mes élans maternels, mes robes, mes talons hauts, mon vernis, mes accès d'autoritarisme, mes inquiétudes et mes contradictions. J'avais le droit d'être fatiguée, malade, de ne pas avoir le moral. Il était là pour moi. Alors oui, soumise et dominée, autant que chérie, choyée et protégée... Plus la complicité et l'admiration mutuelle. Et le sentiment, non pas d'être façonnée, mais d'être révélée dans ce que j'ai de meilleur.

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