J'aurais voulu publier cette note le jour anniversaire du blog mais la soirée a passé trop vite.
C'est l'heure d'un premier bilan donc.
Un an a passé. C'est le 39ème post. Le couple DramaKing / Liz se construit et s'invente jour après jour, au fil des mots et des images. Nous avons tous deux changé de vie, fait des choix assez radicaux pour être plus en accord avec nous-mêmes. Pas toujours facile. Deux enseignements majeurs. Le premier : nous nous aimons, absolument, profondément, passionnément ; et nous voulons continuer à nous aimer ainsi. Le second : cet amour est riche et heureux, mais aussi exigeant et complexe ; il faut tout à la fois ne pas l'ignorer et ne pas sur-dramatiser.
Très récemment, je me suis enfin décidée à lire Houellebecq, c'était peu de temps avant l'attribution du Goncourt, et il n'y a pas de lien de cause à effet. J'ai longtemps fui Houellebecq, comme je fuis tout livre, film, auteur... dont on parle trop et dont il faut savoir parler.
J'ai trouvé "Extension du domaine de la lutte" à la médiathèque et je l'ai emprunté. Je me suis reconnue dans le vertige du narrateur face à son inadaptation au monde. Si l'humour, le cynisme permettent dans un premier temps de mettre un peu ce sentiment à distance, au fur et à mesure que l'on avance dans le livre, il n'y a plus d'échappatoire possible.
Il arrive un moment où l'on ne veut pas voir la suite, parce qu'on est convaincu que le pire reste à venir. On ne peut pas continuer ainsi vers le néant, on ne désire plus que se couler dans une sombre immobilité.
Mais enfin, comme le dit DramaKing, moi j'ai mes enfants, mon amoureux, des amis, une famille qui m'aime et me soutient, du travail, de l'argent, un joli appartement, de jolies affaires, et même du temps que je peux organiser à ma guise. Je suis l' "adaptée" par excellence, du bon côté de la barrière, dans la bonne moitié de la planète.
Je suis pourtant submergée parfois, par la peur, la tristesse, le sentiment de vide, la conviction de l'inéluctabilité de la catastrophe.
Je lutte de façon modeste contre l'angoisse et le désespoir, et seulement pour moi-même et mes proches. Je me protège, je me calfeutre, je me barricade.
J'ai déjà écrit que DramaKing m'avait poussée à m'ouvrir de nouveau aux émotions. Mais jusqu'à présent, je n'ai pas encore réussi à passer de la compassion facile devant les malheurs exposés à l'action concrète. Je culpabilise car je n'ai le courage de me dépouiller de rien : ni temps, ni énergie, ni argent. Alors, si je n'y prends pas garde, je finis par verser dans la selbsthass si répandue chez mes Viennois chéris.
Lorsque DramaKing me soumet, je suis libérée de ces pensées qui me hantent. Je n'ai plus peur du vide. Le vertige qui me saisit est celui du présent, du corps, de la sensation, et mon angoisse me laisse en paix. En m'abandonnant à la volonté de DramaKing, je continue la lutte, et je deviens plus forte.
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