Tribute to AuroraJ'ai eu l'idée de ce post le 22 décembre dernier lorsque, me rendant sur le blog d'Aurora, j'ai constaté qu'elle avait décidé de cesser d'y écrire. Note de mon carnet ce jour là : "J'ai énormément de peine, parce que cette femme là, c'est tout ce que j'aime et tout ce que je voudrais être." J'ai voulu me joindre à ses lecteurs et laisser un commentaire sur son dernier post (http://auroraweblog.karmaos.com/). Quelque chose qui aurait dit ma tendresse, mon admiration, mon soutien, ma tristesse de l'avoir perdue alors que je venais à peine de la rencontrer. Je n'ai pas osé. Mais je savais que je lui écrirais ici, même si elle devait ne jamais me lire. Je lui écrirais à elle, mais aussi à toutes les femmes que j'aime : celles que je trouve si belles, qui me touchent, m'éblouissent, me rassurent, me ressemblent, m'accompagnent.
Il y a ces trois femmes, que j'ai découvertes récemment.
Joumana Haddad, fondatrice et rédactrice en chef de Jasad, premier et unique magazine culturel du monde arabo-musulman consacré au corps et à la sexualité (http://www.jasadmag.com/en/index.asp). Elle est magnifique, poète et journaliste, parle au moins trois langues, et doit vivre sous protection, parce qu'ayant redonné sa place au corps, elle risque désormais sa propre peau.
Alona Kimhi, écrivain israélienne. Je suis tombée complètement par hasard sur un recueil de quatre nouvelles, Moi Anastasia. J'ai été très marquée par la troisième : l'histoire d'une môme obèse dans un asile de fous, qui chronique avec un humour noir et tendre de clown triste, son désespoir et celui de ses compagnons.
Hindi Zahra, vue à la Bellevilloise lors de la dernière Nuit Zébrée parisienne en décembre : petit bout de femme magnétique dont toute une salle de concert tombe éperdument amoureuse en quelques chansons. J'avais ressenti la même chose il y a quelques années à un concert de Keren Ann au moment de la sortie de son 2e album, La Disparition.
Il y a mes amies...
S., qui m'a dit un jour qu'elle appréciait de plus en plus l'amitié féminine, parce qu'avec l'âge, la rivalité sous-jacente laisse place à une admiration mutuelle sincère, qui permet des relations de compréhension et de solidarité authentiques et précieuses.
C., Lady C., La Voix de la Raison, Mata Hari, la seule avec laquelle je peux vraiment parler de sexe, du sexe comme je l'aime, la première à qui j'ai présenté DramaKing. C. qui est aujourd'hui amoureuse folle d'une jeune homme expert en shibari, de 10 ans son cadet.
A., 4 enfant, 4 filleuls (dont Axel), ingénieur automobile, dont la maison est toujours ouverte : pour un dîner, une fête d'anthologie, pour y passer la nuit ou des mois en cas de galère. A. gère tout et tous, avec une énergie et une générosité sans faille.
L., lumineuse, incapable de mentir, de tricher, de dissimuler, parfois exaspérante de franchise (et de vérité), comme les enfants lorsqu'ils n'ont pas encore intégré le sens des conventions sociales. L. que j'ai perdue et que j'aimerais tant retrouver.
C., que je connais depuis peu, l'une des premières à qui j'ai donné le lien vers ce blog. Adorablement jolie, vive, fantaisiste, sans aucun artifice. S'est précipitée à Lyon pour retrouver l'homme de sa vie qu'elle n'avait vu qu'une fois pendant 10 minutes à l'aéroport de Kuala Lumpur plusieurs mois auparavant.
L., qui m'a redonné le goût de la féminité, de la danse et de la fête, après que j'ai passé une année en mode robot suite à ma séparation. L. qui m'a initiée à la salsa, au Vélib, à l'art de dégotter les plus jolies robes dans le fatras des portants suédois. Ma petite L. pleine de questions.
C., ma meilleure amie depuis plus de 11 ans maintenant, la marraine de Pierre. Toujours là lorsque j'ai besoin d'elle, dans les moments heureux comme difficiles. Ce que je n'ai pas réussi à lui rendre malheureusement. C., courageuse, opiniâtre, qui résiste par l'humour aux situations les plus complexes.
... Et toutes les autres, les proches et moins proches, rencontrées au cours de mes études, au travail, via des amis communs, mes parents..., de mon âge, plus jeunes ou plus âgées que moi, les "anciennes", les récentes, les en couple, les célibataires, mères de famille ou non.
Mes amies sont belles, fortes, admirables. Elles se battent pour leur boulot, pour leur homme, pour leur amour, pour leurs mômes, pour elles-mêmes et parfois pour moi.
Il y a ma mère, qui m'a transmis sa passion du savoir, de la culture, de l'art, des livres bien sûr. Mais parce qu'elle est si secrète, si attachée à son intégrité, j'ai souvent le sentiment qu'elle ne me comprend pas et qu'elle me juge. Ma mère de son côté pense que je continue à me construire contre elle. Sur certains points (la sexualité, l'attrait pour le plaisir et la légèreté, le rapport à la féminité et à l'apparence physique, la façon d'assumer le rôle de parent...) elle a raison. Mais elle ne sait pas assez à quel point je revendique aussi son héritage.
Enfin, parmi les femmes que j'aime, il y a Aurora, à qui ce post est dédié. Je veux croire en effet qu'un soleil nouveau se lèvera bientôt pour vous...

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