Je tourne autour de ce post depuis plusieurs semaines. Les mots ont pris pour moi ces derniers temps une importance considérable. Je ne veux pas écrire pour écrire, et j'ai envie d'écrire. Je ne veux pas écrire pour écrire, et je ressens l'angoisse de ne pas écrire.J'écris sur mon carnet bien sûr. C'est un plaisir dont je me passe très difficilement. Ce plaisir d'être en moi, la sensation physique du stylo qui court sur les lignes, la magie de voir les mots se former au fur et à mesure. Ces petits carnets sont probablement les objets auxquels je tiens le plus.
Mais parfois les mots me font peur. Leur pouvoir me fait peur. Je leur dois le retour de DramaKing et son amour aujourd'hui. Qu'arrivera t-il s'ils ne se présentent plus à moi spontanément, pour se soumettre et m'obéir ? Ils sont mon armée, mes soldats, que faire s'ils se mutinent ? Que faire s'ils perdent contre d'autres mots ?
J'ai donné un nom à DramaKing, j'ai donné un titre à cette photo, "DramaKing into jail". Nommer les choses, c'est vouloir se les approprier, les marquer de son sceau. J'ai tant lutté, tous ces jours, pour la reconquête de mon amour. Cette ultime bataille des mots, j'y ai jeté tout ce qui me restait de forces, et c'était bien peu.
Je crois que je suis profondément fatiguée, usée. Et je ne sais pas bien me reposer. Je n'ai de cesse de me fixer de nouveaux objectifs. Parfois c'est comme une fuite en avant insensée. Ces dernières années, ces derniers mois, ont été éprouvants. Je suis très heureuse aujourd'hui. Mais derrière la sérénité apparente, je me sens fragile, au bord de la rupture.
En écrivant, je n'ai eu jusqu'à présent d'autre ambition que de faire mienne ma propre vie. Mais en me servant des mots dans un autre but, pour retrouver et garder l'homme que j'aime, j'ai le sentiment d'avoir ouvert la boîte de Pandore, sans retour en arrière possible. J'ai découvert le pouvoir des mots, et le désir intense de le maîtriser, au-delà de moi. Je suis "condamnée" à poursuivre dans cette voie.
Il y a un avant et un après. Malgré la fatigue et mon envie de m'y laisser aller, je ne peux plus l'ignorer : les mots sont l'enjeu.

