Voilà, j'y suis.
Je commence avec cet album de Björk, et cette chanson, "Venus As A Boy", qui me fait tant penser à lui.
Lui dont je n'ai jamais pu prononcer le nom en sa présence, et qui est devenu DramaKing.
Les mots, ceux que je lis et ceux que j'écris, me sont aussi essentiels que l'air ou l'eau. Ils ont été très présents dès le début dans notre relation. Et c'est le seul moyen que j'ai trouvé pour ne pas le perdre tout à fait lorsqu'il m'a quittée. J'ai d'abord écrit pour moi, comme je l'ai toujours fait. Puis j'ai commencé à lui écrire sur le site sur lequel nous nous sommes rencontrés. Comme une bouteille à la mer. J'ai vu qu'il me lisait. J'ai continué. J'ai pensé à Schéhérazade. C'était un lien, très ténu, mais un lien quand même. Il me fallait susciter son intérêt, son désir, au travers de ces messages, à l'aide de mes mots. Je ne voulais sombrer ni dans la banalité, ni dans la supplication, ni dans la provocation. Je lui envoyais de la musique aussi, celle qui m'aidait à tenir debout.
C'était il y a un mois environ. Ce n'est plus un monologue aujourd'hui. Nous échangeons. Je crois que nous nous retrouverons. Je ne veux pas trop y penser pour le moment.
Le blog, j'en avais envie depuis longtemps. J'aime cette impudeur protégée par le dédale du web et me dire que, peut-être, on finira par me trouver, le "on" n'étant pas défini, et c'est aussi ce qui me plaît. Quand D. m'a laissée, j'ai pensé qu'il fallait transformer toute cette souffrance, cette tristesse, en quelque chose de positif. Un jour, je lui avais dit que je voudrais pouvoir tout garder de nous, fixer ces moments d'autant plus parfaits qu'ils sont éphémères : quand l'air se fait doux, la lumière chaude et les corps légers (je me souviens particulièrement de cette balade dans Paris, le 14 juillet, j'avais l'impression de marcher à 30 cm au-dessus du sol). Il avait alors évoqué le fait de tenir le carnet de route de notre amour, une sorte de journal à 4 mains. Et au fil de nos derniers échanges, l'idée du blog s'est imposée à moi, bien que le sujet et les circonstances ne soient plus tout à fait les mêmes.
Il m'a donné son accord, je ne l'aurais pas fait sinon. Il m'a aussi autorisée à publier des photos. C'est important ses photos, elles parlent de lui mieux que je ne saurais jamais le faire.
J'ai promis de le laisser venir. Je l'attends. J'essaie de rester vivante...

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